La vie à Da Vinci
Gestes qui sauvent : un atelier premiers secours à l'école
16 octobre 2026
Que faire si quelqu’un s’effondre devant nous ? Quel numéro appeler ? Que dire aux secours ? Et si une personne s’étouffe ?

Ces questions impressionnent, même les adultes. Pourtant, quelques réflexes suffisent souvent à changer le cours d’une situation d’urgence, et ils s’apprennent tôt.
Jonathan Filiu, formateur en sécurité chez Dolbi, est venu à Da Vinci Private School animer un atelier de sensibilisation aux premiers secours. Au programme : les appels d’urgence, la reconnaissance d’un malaise, les gestes face à un étouffement et des mises en situation.
L’idée de la séance tenait en une phrase : chacun, à son échelle, peut aider quelqu’un en difficulté.
15, 18, 112… et le 114
Le 18 et le 112 viennent spontanément à l’esprit. Le 15 et le 114 beaucoup moins. Les enfants ont découvert à quoi sert chacun :
- le 15 : le SAMU, pour les urgences médicales ;
- le 18 : les sapeurs-pompiers ;
- le 112 : le numéro d’urgence européen, valable dans tous les pays de l’Union ;
- le 114 : un numéro joignable par SMS, par visio ou par une application. Il permet aux personnes sourdes ou malentendantes d’alerter les secours, mais aussi à toute personne qui ne peut pas parler à voix haute sans se mettre en danger.
Ce dernier numéro mérite d’être connu. Il arrive qu’appeler soit impossible, ou risqué : pouvoir écrire son message change alors tout.
Pour les parents : le 17 (police secours) complète cette liste.
Encore faut-il savoir quoi dire. Les enfants ont travaillé les trois informations que les secours attendent : ce qui se passe, où se trouve la personne, et de quelle aide elle a besoin. Ils ont aussi appris à passer un appel d’urgence depuis un téléphone verrouillé, sans code.
La consigne principale : parler le plus clairement possible, répondre aux questions, et ne pas raccrocher avant que l’interlocuteur le dise.
Avoir peur, dans ces moments-là, est normal. Y avoir réfléchi avant aide à retrouver ses repères.
Simuler un malaise pour apprendre à réagir
La théorie ne suffit pas. Se retrouver face à une situation, même jouée, oblige à réfléchir pour de bon.

Les enfants ont participé à des mises en situation de malaise. La personne est-elle consciente ? Respire-t-elle normalement ? Faut-il appeler les secours ? Ils ont appris que tout commence par l’observation.
Ils ont aussi découvert la position latérale de sécurité (PLS), utilisée quand une personne est inconsciente mais respire normalement, en attendant l’arrivée des secours.
Étouffement : tous les cas ne se ressemblent pas
Que faire quand quelqu’un s’étouffe ? Cela dépend d’abord de la gravité.

Quand l’obstruction est partielle, l’air passe encore : la personne tousse, parle, respire avec difficulté. On l’encourage à tousser et on n’intervient pas. Quand elle est totale, la personne ne peut plus parler, ni tousser, ni respirer : il faut agir tout de suite.
Jonathan Filiu a montré que les gestes changent selon l’âge. Chez l’adulte et le grand enfant, on alterne des claques dans le dos et des compressions abdominales, la manœuvre de Heimlich. Chez le nourrisson, les compressions se font sur la poitrine, jamais sur le ventre.
Appliquer la même technique à tout le monde serait une erreur. Ce qui compte d’abord, c’est de reconnaître les signes, d’alerter vite et de chercher de l’aide.
Aider, ce n’est pas tout faire seul
Une chute, une blessure grave, une personne qui perd connaissance : ces situations inquiètent. Quelques principes valent pour toutes : ne pas se mettre soi-même en danger, prévenir les secours, décrire ce que l’on voit et suivre les consignes.
C’est le message que l’atelier a le plus répété. Aider quelqu’un ne veut pas dire savoir tout faire soi-même. Un enfant peut donner l’alerte, transmettre des informations, aller chercher un adulte. Ce n’est pas un rôle secondaire : c’est souvent le plus utile.
Savoir reconnaître ses limites fait partie d’une conduite responsable. Pour un enfant, comprendre qu’il peut être utile sans porter seul une situation grave le rassure autant que cela le prépare.
Ce que la pratique apporte
Les premiers secours s’apprennent mal dans un livre. Pendant une simulation, l’enfant ne retient pas seulement une information : il observe, décide quoi faire et comprend pourquoi. Il écoute, raisonne, communique, et apprend à garder son calme quand l’émotion monte. Il peut aussi poser des questions et se tromper sans conséquence.

C’est ainsi que nous concevons la pédagogie active : relier ce qu’on apprend à des situations réelles.
L’autonomie, on l’associe souvent à s’habiller seul ou à préparer son cartable. Mais un enfant autonome n’est pas un enfant qui gère tout seul. C’est un enfant qui prend des initiatives adaptées et sait vers qui se tourner. Appeler le bon numéro, décrire ce qu’il voit, prévenir un adulte : ce sont déjà des façons d’agir, et de gagner confiance en lui.
Ces réflexes ne concernent d’ailleurs pas que les enfants. Les adultes ont tout intérêt à les rafraîchir régulièrement.
Un diplôme pour garder la trace
À la fin de l’atelier, chaque enfant a reçu un diplôme de participation. Ce n’est pas une certification de secourisme, et il ne la remplace pas. C’est une façon de reconnaître leur implication sur un sujet qui nous concerne tous.
Un grand merci à Jonathan Filiu et à Dolbi pour cette intervention, pour les mises en situation et pour tout ce qu’il a partagé avec les enfants.
Prendre soin des autres, ça s’apprend tôt
Sensibiliser les enfants aux premiers secours, ce n’est pas leur confier des responsabilités d’adultes. C’est leur donner des repères à leur mesure : reconnaître une situation inquiétante, donner l’alerte, demander de l’aide.
Apprendre les gestes qui sauvent, c’est aussi apprendre à prendre soin des autres.
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