Qu'est-ce que la pédagogie active ?
Résolution de problèmes à l'école : apprendre à chercher plutôt qu'à trouver
28 septembre 2026
Un enfant peut très bien avoir de bonnes notes, connaître ses tables de multiplication et savoir appliquer une méthode… tout en étant complètement démuni face à un problème qu’il n’a jamais rencontré.
Et c’est souvent là que quelque chose d’important se joue.
La résolution de problèmes à l’école ne consiste pas seulement à trouver la bonne réponse. Elle consiste à apprendre à chercher, essayer, se tromper, modifier son approche et recommencer.
Autrement dit : apprendre à penser.
Connaître une réponse n’est pas la même chose que savoir résoudre un problème
Imaginez deux enfants devant le même exercice.
Le premier demande immédiatement : « Mais il faut faire quelle opération ? »
Le second observe l’énoncé, cherche ce qu’il sait déjà, essaie quelque chose… puis demande éventuellement de l’aide.
Les deux peuvent finalement obtenir la bonne réponse. Mais ils ne sont pas nécessairement en train d’apprendre la même chose.
Le premier apprend surtout à reconnaître une situation et à appliquer une procédure connue. Le second commence à développer une compétence beaucoup plus large : faire face à une situation nouvelle.
C’est précisément ce que l’on cherche à développer lorsque l’on parle de résolution de problèmes.
Un problème n’est pas simplement un exercice difficile
À l’école, on utilise souvent le mot « problème » pour désigner un exercice de mathématiques. Mais la résolution de problèmes va beaucoup plus loin.
Un problème apparaît dès qu’un enfant :
- ne connaît pas immédiatement la réponse ;
- doit comprendre une situation ;
- doit choisir une stratégie ;
- doit faire un choix entre plusieurs possibilités ;
- doit utiliser plusieurs connaissances ensemble ;
- doit tester une hypothèse ;
- doit comprendre pourquoi une première tentative ne fonctionne pas.
Cela peut être mathématique. Mais cela peut aussi être scientifique, linguistique, pratique, social ou lié à un projet.
Construire une structure qui ne tombe pas. Comprendre pourquoi une expérience ne fonctionne pas. Trouver comment organiser un projet à plusieurs. Chercher différentes façons d’expliquer une idée. Déterminer comment mesurer quelque chose.
Même un simple jeu peut devenir une situation de résolution de problème.
Et si l’enfant se trompe ?
C’est probablement l’une des questions les plus importantes.
Parce que si chaque erreur est immédiatement corrigée par l’adulte, l’enfant apprend parfois une chose involontaire : « Dès que je ne sais pas, quelqu’un va me donner la réponse. »
À l’inverse, si l’erreur devient une information, elle peut permettre à l’enfant de comprendre ce qui n’a pas fonctionné. Il peut alors se demander :
- Qu’est-ce que j’avais imaginé ?
- Où est-ce que ça n’a pas fonctionné ?
- Pourquoi ?
- Qu’est-ce que je pourrais essayer autrement ?
- Qu’est-ce que cette erreur m’apprend ?
L’objectif n’est évidemment pas de laisser un enfant se débrouiller seul devant une difficulté qu’il ne peut pas surmonter. Il s’agit plutôt de ne pas lui retirer trop rapidement le travail intellectuel qu’il est capable de faire lui-même.
Aider un enfant ne signifie pas lui donner la solution
C’est une nuance essentielle.
Lorsqu’un enfant bloque, l’adulte peut avoir envie de dire : « Regarde, il faut faire comme ça. » C’est rapide.
Le problème est que l’enfant a alors peut-être appris la solution… sans apprendre à la trouver.
Une autre approche consiste à poser une question : « Qu’est-ce que tu sais déjà ? » Puis : « Qu’est-ce que tu cherches à trouver ? » Ou encore : « Qu’est-ce que tu pourrais essayer ? » Et parfois simplement : « Essaie une première idée. On regardera ensuite ce qui se passe. »
L’aide devient alors un échafaudage temporaire. L’adulte accompagne le raisonnement sans le remplacer.
Apprendre à chercher demande du temps
La résolution de problèmes entre parfois en tension avec une logique scolaire très centrée sur l’efficacité immédiate. Il faut avancer dans le programme. Il faut terminer les exercices. Il faut corriger. Il faut passer à la suite.
Mais certaines compétences ont besoin d’un peu de lenteur.
Un enfant qui cherche réellement peut prendre plus de temps qu’un enfant qui applique mécaniquement une méthode. Il peut essayer quelque chose qui ne fonctionne pas. Changer d’idée. Revenir en arrière. Poser une question. Recommencer.
Vu de l’extérieur, cela peut sembler inefficace. Pourtant, une grande partie de l’apprentissage est précisément en train de se produire pendant cette recherche.
Tous les enfants ne résolvent pas les problèmes de la même manière
C’est également pour cette raison que l’individualisation compte.
Un enfant peut avoir besoin de manipuler. Un autre aura besoin de dessiner. Un troisième va commencer par verbaliser son raisonnement. Un autre encore va essayer directement quelque chose.
Il n’existe pas toujours une seule porte d’entrée vers un problème. L’enjeu pour l’enseignant est donc aussi d’observer comment chaque enfant réfléchit, où il bloque et quel type d’aide peut lui permettre d’aller un peu plus loin.
Cela rejoint directement la question de l’enseignement individualisé : l’objectif n’est pas seulement de transmettre une réponse, mais de comprendre où se trouve l’enfant dans son raisonnement et comment l’aider à progresser.
Les petites classes peuvent faciliter ce travail
Résoudre un problème demande de pouvoir parler. Expliquer son idée. Écouter celle d’un autre. Dire « je ne comprends pas ». Essayer quelque chose. Se tromper sans avoir peur du regard des autres.
Dans un petit groupe, l’enseignant peut plus facilement observer ces moments et intervenir de manière ciblée.
Mais attention : une petite classe ne garantit pas automatiquement une pédagogie fondée sur la résolution de problèmes. Ce qui compte, c’est ce que l’on fait réellement du temps disponible.
Une classe de petite taille peut permettre davantage d’échanges et d’accompagnement individuel. Encore faut-il que la pédagogie donne effectivement une place à la recherche, à l’expérimentation et au raisonnement.
Et en bilingue ?
La résolution de problèmes prend une dimension intéressante dans un environnement bilingue.
Lorsqu’un enfant utilise l’anglais pour réaliser une activité, il ne travaille pas nécessairement « son anglais » d’un côté et « son activité » de l’autre. Il peut être amené à utiliser la langue pour :
- comprendre une consigne ;
- expliquer une hypothèse ;
- demander une précision ;
- travailler avec un camarade ;
- présenter une solution ;
- argumenter.
La langue devient alors un outil pour faire quelque chose. Cela rejoint la logique de l’immersion : utiliser une langue pour comprendre et agir plutôt que simplement apprendre des listes de vocabulaire.
Comment savoir si une école développe réellement cette compétence ?
C’est une excellente question à poser lors d’une visite. Plutôt que de demander simplement « Est-ce que vous faites de la pédagogie active ? », essayez de demander :
- « Que se passe-t-il lorsqu’un enfant ne trouve pas la réponse ? »
- « Est-ce qu’il doit chercher plusieurs solutions ? »
- « Est-ce que les enfants ont le droit d’essayer une méthode qui n’est pas celle attendue ? »
- « Comment l’enseignant intervient-il lorsqu’un enfant bloque ? »
- « Quelle place donnez-vous aux projets et aux situations concrètes ? »
- « Comment apprenez-vous aux enfants à expliquer leur raisonnement ? »
Les réponses à ces questions permettent souvent de comprendre beaucoup mieux la réalité d’une école que les grandes étiquettes pédagogiques.
Le véritable objectif : préparer l’enfant aux problèmes que personne ne lui a encore appris à résoudre
Personne ne peut apprendre à un enfant la réponse à toutes les situations qu’il rencontrera.
Il rencontrera forcément des problèmes nouveaux. À l’école. Dans ses études. Dans son travail. Dans ses relations. Dans sa vie quotidienne.
L’enjeu n’est donc pas de lui transmettre toutes les réponses possibles. C’est de lui donner progressivement les moyens de faire face à une question dont il ne connaît pas encore la réponse.
Chercher. Observer. Formuler une hypothèse. Essayer. Se tromper. Comprendre. Recommencer.
C’est cette capacité à avancer malgré l’incertitude qui transforme peu à peu un enfant qui « sait faire ses exercices » en un enfant capable de réfléchir face à une situation nouvelle.
À retenir
La résolution de problèmes à l’école ne consiste pas uniquement à réussir des exercices difficiles. Elle consiste à développer progressivement la capacité de l’enfant à :
- comprendre une situation nouvelle ;
- identifier ce qu’il cherche ;
- choisir une stratégie ;
- tester une idée ;
- accepter l’erreur ;
- modifier son approche ;
- expliquer son raisonnement ;
- demander de l’aide sans abandonner ;
- chercher plusieurs solutions lorsque c’est possible.
Et peut-être surtout à comprendre quelque chose de fondamental : ne pas connaître immédiatement la réponse n’est pas un échec. C’est souvent le début de l’apprentissage.
À Da Vinci Private School
À Da Vinci Private School, nous accordons une place importante à l’apprentissage par l’expérience, à la réflexion et à la recherche de solutions.
Dans une petite structure, l’objectif n’est pas seulement de vérifier si un enfant connaît la bonne réponse. Il s’agit aussi de pouvoir observer comment il réfléchit, comment il apprend et comment il réagit lorsqu’il rencontre une difficulté.
Parce que l’école ne peut pas préparer un enfant à toutes les réponses qu’il rencontrera dans sa vie. Elle peut en revanche l’aider à devenir capable de chercher les siennes.
Découvrez comment l’Enfant apprend à Da Vinci et notre école primaire bilingue.
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